28 janvier 2014

Les 4 remèdes à la tristesse !

« Mon âme est triste à en mourir. »

Que faire quand la tristesse prend le dessus sur la joie ? Le principal remède à toute tristesse c’est la joie ! Comme on chasse les ténèbres par la lumière ou la fatigue par le repos, on diminue la tristesse en augmentant la joie. Si tu es triste, alors cherche avec plus d’ardeur la joie, surtout les plus grandes joies !

Saint Thomas d'Aquin donne des remèdes à la tristesse. Il y en a quatre. Quatre « Potions » qui commencent par la lettre « P ». Quels sont-ils selon vous ?

1. Pleurer.

Le premier c’est les larmes. Pleurer ça fait du bien ! Et pour deux raisons : D’une part parce que cela convient à l’homme de pleurer quand il est triste, c’est une réaction corporelle naturelle et tout ce qui convient à notre nature est plaisant. De fait, nous avons tous l’expérience de nous sentir mieux après avoir pleuré ou même d’aimer pleureur en écoutant un film. D’autre part, les larmes font du bien en tant qu’elles nous aident à extérioriser notre tristesse. En effet, « tout ce qui nuit, si on le garde pour soi, est plus affligeant parce que l'attention de l'âme s'y concentre davantage; au contraire, lorsqu'on l'extériorise, l'attention de l'âme se trouve en quelque sorte dispersée au-dehors et la douleur intérieure en est diminuée. C'est pourquoi, lorsque des hommes plongés dans la tristesse la manifestent par des pleurs, des gémissements ou même des paroles, cette tristesse en est atténuée. » (Somme Théologique, Ia IIae q. 38, a.2)

2. Partager.

Du premier remède on peut découvrir le second qui est la compassion des amis. Si extérioriser sa peine par des larmes nous aide, l’extérioriser en parlant avec un ami aide encore plus, et ce, pour deux raisons. D’abord parce qu’une peine est comme un poids très lourd que nous devons porter et lorsque nous partageons ce poids on s’imagine qu’il est moins lourd. Ce n’est pas juste une illusion de notre imagination, car en réalité si nos amis connaissent notre peine, il peuvent réellement nous aider à la porter en nous donnant des conseils ou toutes autres formes d’aide qui peuvent nous rendre la vie plus facile, ne serait-ce que leur présence et leur amour. C’est là la deuxième raison : du fait que des amis s'attristent avec nous, nous prenons conscience d'être aimé d'eux et cela est très agréable ! Quant à ceux qui hésiteraient à partager leur peine pour ne pas attrister leurs amis, saint Thomas leur répond que notre ami aura plus de joie à voir l’amour qui nous a poussés à lui partager notre peine, que de peine à connaître nos malheurs.

3. Prier.

Si le principe général pour chasser la tristesse c’est de chercher la joie, alors chercher la plus grande joie devrait être le meilleur remède. D’où vient la plus grande joie sur terre ? La plus grande joie au ciel vient de la vision béatifique. De même, la plus grande joie sur terre vient d’une contemplation amoureuse de la vérité, surtout la contemplation des vérités divines et de la béatitude à venir ! Tout ce qui peut nous faire penser avec amour à Dieu et au ciel est le meilleur remède à la tristesse et c’est pourquoi les saints qui demeurent toujours dans les réalités d’en haut sont les plus joyeux de tous les hommes ! C’est aussi pourquoi la vie consacrée est un état de vie extrêmement joyeux. De plus, la prière est comme une conversation amicale avec Dieu, elle combine donc le deuxième remède avec le troisième… et si Dieu nous donne le don des larmes alors c’est un trois en un !

4. Prendre un bain. 

Quel est selon vous le dernier remède à la tristesse ? C’est de prendre un bon bain et de piquer une sieste ! Parfois nous sommes tristes parce que notre corps est tout simplement débalancé et il faut lui donner ce dont il a besoin pour fonctionner normalement. Toute bonne disposition du corps rejaillit en quelque manière sur le cœur et c’est pourquoi il ne faut pas non plus négliger les choses les plus simples et concrètes. Le plus souvent c’est la fatigue qui est cause de tristesse. C’est pourquoi saint Thomas nomme surtout les bains et le sommeil, mais parfois ce dont nous avons besoin c’est de voir un peu le soleil, de se réchauffer, de bouger, de manger, de prendre un médicament qui atténue la douleur, etc. Par ce remède le docteur angélique nous rappelle une vérité fondamentale c’est que les joies corporelles sont bonnes : bains, nourriture, sexualité, musique, sommeil, etc. « Wherever the Catholic sun doth shine, there’s always laughter and good red wine. At least I’ve always found it so. Benedicamus Domino! » (Hilaire Belloc) Les catholiques ont le devoir de fêter plus de cent jours par année ! Perdre le sens de la fête, mépriser même les plaisirs corporels, c’est offenser la création et réduire la gloire de Dieu.


« Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie. »

- Fr. Simon Lessard, O.P. -

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