7 avril 2013

Pardonner ou rendre justice ?

La miséricorde se moque du jugement.

Il semble que celui qui fait miséricorde néglige la justice. Ainsi, certaines personnes dans la société s’opposent au pardon en cour civile ou criminelle, croyant y voir un empêchement à la justice. Mais ce que le Docteur des docteurs souhaite nous faire voir, c’est que loin de diminuer la justice, la miséricorde en est un débordement, une plénitude! Misericordia non tollit justitiam, sed est quaedam justitiae plenitudo. [1]

Dieu ne peut jamais agir contre la justice, mais il peut agir au-dessus de la justice. Prenons un exemple pour bien comprendre. Un père apprend qu’un de ses fils a volé 20 $ à son frère. Le père informe son fils avare qu’il doit rembourser les 20 $, mais qu’il le fera à sa place puisqu’il sait très bien que son pauvre fils n’a pas de quoi rembourser. Les 20 $ seront remboursés, ainsi justice sera faite, c'est-à-dire rendre à chacun son dû, même si ce n’est pas le criminel qui a remboursé ce dû. Imaginons maintenant que le fils avare ait volé son propre père et que ce dernier décide quand même de rembourser sa dette. Alors, le père se donnerait 20 $ à lui-même, il devient alors à la fois le débiteur et le créditeur. Mais les 20 $ sont quand même remboursés dans cette situation. C’est un peu la situation de Dieu à notre égard. Le Père nous a tout donné et nous l’avons volé en quelque sorte en péchant. Il a remboursé notre dette en la Personne de son Fils mort sur la croix pour nos péchés. Ainsi, Dieu le Fils est le débiteur du créditeur qu’est Dieu le Père. La justice est accomplie… mais par la miséricorde! En Jésus-Christ Dieu révèle et sa justice et sa miséricorde. Bien compris en ce sens, Saint Jacques avait raison d’écrire que la miséricorde se moque du jugement. (Jc 2, 13) 

[1] ST Ia, q.21, a.3, so.2.

- Fr. Simon Lessard, O.P. -

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