2 février 2013

L'homme des huit béatitudes VII/XIII

Vie du bienheureux Pier Giorgio Frassati.
(Retour : L'homme des huit béatitudes I/XIII)


Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu !

Son cœur pur voyait tout selon le point de vue de Dieu.
Son curé, Don Provera, s'est plus d'une fois fait faire la leçon par le jeune laïque :

- Mon apostolat ne porte pas de fruits, se plaint-il
- Et notre Seigneur, qui a quitté son beau ciel pour notre triste terre, a-t-il été mieux loti ?
Répond Frassati.

- Pier Giorgio tu es riche, ton père fera pour toi n'importe quoi…
- Don Provera, qu'est-ce que tout cela dans la perspective de l'éternité ?

- Pier Giorgio, vu les idées de ton père et sa fortune,
comment feras-tu pour te créer une vie indépendante et fidèle à ton idéal chrétien ?
- Jésus est avec moi, je ne crains rien.

- Ah mes études, la guerres m'a forcé de les interrompre, se plaint le berger.
- Mais vous avez fait la volonté de Dieu ; tout est donc pour le mieux, lui rappelle sa brebis.

Frassati a toujours gardé l'esprit d'enfance :
Fraîcheur joyeuse, piété spontanée, charité généreuse.
Un autre trait le rendait cher à tous : la simplicité de sa démarche ;
jamais nul vestige de dissimulation ou de duplicité n'apparaissait dans ses paroles ni ses actions.
Il était simple, humble, droit avec une âme parfaitement limpide.
Comme le curé d'Ars, les autres pouvait voir Dieu en lui,
mystère de la transparence d'une âme tout en Dieu.
Jésus, fait-moi pareil au cristal, afin que ta lumière brille à travers moi ! (bis)
Il y a des saints qui sont des vitraux,
laissant passer la lumière de Dieu à travers leur couleur propre.
Il y a de plus grands saints qui sont des vitres parfaitement transparente,
laissant toute la place à la lumière divine à telle point qu'on oublie presque leur présence.

Telle était la Vierge, la Vierge qu'il aimait comme l'aiment les enfants,
avec simplicité et droiture.
Tertiaire de saint Dominique, il récite son chapelet chaque jour,
et même tout le rosaire vers la fin de sa vie.
Il visite les sanctuaires mariaux fréquemment.
Il récite souvent l'office de la Saint Vierge.
Quelle joie s'était de trouver un ami qui accepte de le réciter avec lui,
comme s'ils étaient au chœur !

Sur le mur de sa chambre, il avait écrit ces vers de Dante :
Ô Vierge, mère et fille de ton fils,
Humble et haute plus que toute créature,
Dame, tu es si grande et as tant de puissance,
Que qui désire une grâce et ne recourt à toi
Veut que son désir vole sans [ses] ailes.

Sa piété pour la Mère de Dieu n'était dépassé que par son amour de l'eucharistie.
Dès 11 ans, il communie plusieurs fois par semaine sous l'avis de son confesseur.
À partir de 17 ans il communie tous les jours.
Sa communion fréquente n'a point tué… sa communion fervente.
À son quart d'heure d'action de grâces, il tenait avec intransigeance, nous dit son curé.
Il se confessait souvent afin de demeuré très pur pour recevoir le Dieu infiniment pur.
Il pouvait se confesser deux fois semaine, n'ayant pourtant rien d'un scrupuleux.

Son amour pour l'eucharistie se prolongeait par l'adoration nocturne.
Dans les heures de la nuit, nul n'était plus ardent à veiller, à prier et à supplier de toutes les manières.
Il prolongeait ses veilles de tout le temps qu'il pouvait arracher à la faiblesse de son corps.
Un soir, un peu avant minuit, il sonne à la porte des Pères du Saint-Sacrement.
On le refuse, car cette nuit l'adoration est réservé aux pères, mais il insiste.
Il réussit à convaincre le frère portier qui nous raconte la scène :
Après s'être profondément incliné devant le tabernacle
il alla s'agenouiller dans une stalle et se mit à prier, très recueilli.
Pendant que j'adorais avec lui dans le chœur,
je fus remué par son comportement extraordinaire
et j'eus l'occasion de noter tous les stratagèmes qu'il employa pour se tenir éveillé
malgré les attaques de sommeil.
Debout ou agenouillé, lisant dans un livre, récitant son chapelet ou fixant l'hostie,
il pria toute la nuit jusqu'à quatre heures du matin.
À ce moment, il reçut la sainte communion et fit une heure d'action de grâce.
À cinq heures, heure d'ouverture de notre église, il s'en alla, le visage radieux.

Un ami témoigne :
Il priait avec un recueillement extraordinaire.
Rien ne le distrayait : immobile, les bras croisés, dans une attitude à la fois virile et empreinte de dévotion,
il était tout entier prière : âme et corps.
Il était tout entier prière !

Son cœur pur brulait de voir son Dieu.
Il avait soif du divin.
Dans la prière, dans l'eucharistie, dans les pauvres,
c'est le Christ qu’il cherchait et sa soif qu'il épanchait.
Toute sa vie fut une attente douloureuse de la divine rencontre,
qu'il a sans doute hâtée par ces demandes insistantes.

Une semaine avant de mourir, il lit les écrits de sainte Catherine de Sienne.
Après avoir méditer un passage avec un ami, il ferme le livre et s'exclame :
Heureuse sainte Catherine, qui dès cette vie a joui de la vue de Jésus !

- Fr. Simon Lessard, O.P. -

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