17 décembre 2012

Soyez toujours dans la joie du Seigneur !

Méditation de l'Avent.

Soyez toujours dans la joie du Seigneur. (Ph, 4, 4)
Toute la semaine je me suis demandé :
Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur dire ?
Deux fois par année c’est toujours la même chose :
Le prédicateur s’habille en rose et doit nous parler de la joie.

Mais qu’est-ce qu’on fait si le dimanche de la joie on n’a pas le goût d’être joyeux ?
Qu’est-ce qu’on fait quand on est triste durant le temps des fêtes ?
Est-ce qu’on feint d’être joyeux ?
Est-ce qu’on fait le vieux grincheux rabat-joie ?
Que devons-nous faire si à l’aube de Noël on est écrasé par les examens et le travail ?
Que devons-nous faire si nos meilleurs amis sont souffrants… mourants ?
Que devons-nous faire si on est prit au milieu de la guerre ? Prit au milieu de la solitude ?
Si nos enfants ont été assassinés ?  Si notre fils s’est suicidé ?
Que devons-nous faire si on est blasé ? Si notre vie est un échec ?
Si on ne voit pas la lueur on bout du tunnel ?

Il y a des jours ou la noirceur semble prendre le dessus sur la lumière.
Il y a des jours où on n’a pas toujours le goût d’être joyeux.
Des jours où la joie semble déplacée, simpliste, naïve.
Des jours où la joie semble être un aveuglement
qui refuse de voir la réalité telle quelle est : dure et froide.

La joie n’est-elle pas trop simple ?
L’angoisse et la mélancolie ne sont-elles pas supérieures à la joie ?
Des sentiments complexe pour des gens complexes dans un monde complexe.
Des sentiments pour les grands, pour des hommes cultivés et intelligents.
La joie au contraire n’est-elle pas une passion pour les enfants
qui ne connaissent pas encore la rudesse de la vie ?
Non !
Non crie le chrétien et c’est justement dans ces jours les plus noirs
que l’âme du chrétien doit se réveiller.
Debout !
Ton âme de guerrier doit combattre les forces des ténèbres avec les armes de la lumière.
La joie, mes frères, est un grand bien, un très grand bien,
et il faut lutter pour l’obtenir, lutter pour la garder.

Le soldat du Christ combat pour la joie, il ne la subit pas il la conquière et la défend !
Il chasse la tristesse par les armes de la contemplation et de l’amitié.
Il traque ses joies les plus profondes et les met sous haute surveillance.
Parce que le meilleur moyen de chasser toute tristesse
demeure encore de poursuivre ses plus grandes joies !

La joie du chrétien, mes frères, n’est pas une joie naïve
qui nie les souffrances, les échecs… la mort.
La joie du chrétien c’est la joie d’une femme forte ! La joie d’une mère !
La joie de Marie debout au pied de la croix.
Debout, oui le cœur transpercé,
mais les yeux solidement fixé sur Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié.
Les yeux fixé au-delà de la souffrance et de la mort.
Les yeux fixés sur la vie derrière la mort.
Et le cœur fermement ancré dans la promesse du Royaume à venir.
La joie au cœur de la souffrance, comme une flamme qui brille dans la nuit.

Mes frères, dans la mesure où, comme Marie, vous participez aux souffrances du Christ…
Réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de sa gloire,
vous soyez vous aussi dans la joie et l’allégresse ! (1P 4, 13)
Oui mes frères, laissez-moi vous le redire : soyez toujours dans la joie ! (Ph, 4, 4)
Amen.

- Fr. Simon Lessard, O.P. -

1 commentaire:

  1. Cher Simon,

    En lisant ton commentaire à l'occasion du dimanche de l'Avent appelé " Gaudete ", me sont venues à l'esprit les paroles d'un des hymnes du temps de l'Avent: " La paix de Dieu n'est pas un cri lancé des quatre vents de l'univers. La paix, c'est Dieu risquant sa vie, enfant des hommes, la nuit de Noël."
    Il me semble que l'auteur de cette hymne aurait pu remplacer le mot "paix" par le mot "joie" et son message serait resté le même.

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