20 décembre 2012

L'homme des huit béatitudes IV/XIII


Vie du bienheureux Pier Giorgio Frassati.
(Lire la première partie : L'homme des huit béatitudes I/XIII)


Heureux ceux qui pleurent :
ils seront consolés !

Les saints ne sont pas à l'abri des peines d'amour !
Seulement, ils les vivent dans la foi, l'espérance et surtout dans la charité
qui leur permet de renoncer à un amour humain pour un amour divin.

En 1924, Pier Giorgio tombe en amour avec une amie, Laura Hidalgo.
Orpheline et étudiante en mathématiques,
rencontré pour la première fois pendant le carnaval de 1923,
elle devient pour lui un guide et un soutien.
Il ne parle à personne de cet amour, qu'il garde secret pendant plusieurs mois.
Il en parlera à sa sœur, mais jamais à ses parents.
Car il sait que ses parents n'accepteraient jamais
qu'il se marie avec quelqu'un issu d'un milieu social éloigné du leur.
Il choisit donc librement et courageusement de renoncer à cet amour.
Il raisonne ainsi :
- Je prendrai sur moi le sacrifice, si Dieu le veut ainsi, que sa sainte volonté soit faite !
- Ce serait absurde de détruire un foyer pour en édifier un nouveau.
- À côté du droit, il y a le devoir.

La peine est vive et il fait part de sa douleur à un ami :
Je te demande de prier afin que Dieu me donne la force de supporter sereinement ma peine
et la force d'accomplir ma destinée.
 — tandis qu'à elle [Laura] soient réservés tous les bonheurs de cette terre —
à un autre ami, il écrit :
Dans mes luttes intérieures, je me suis souvent demandé :
"Pourquoi devrais-je souffrir, supporter à contrecœur ce sacrifice ?
J'ai peut-être perdu la foi ?"
Non, grâce à Dieu, ma foi est encore solide :
affermissons et consolidons donc ce qui est notre unique joie,
qui en ce monde comble chacun de nous.
Elle vaut bien tous les sacrifices.
Et commentant la douleur ressentie, il écrit :
Les douleurs humaines peuvent nous atteindre,
mais pour peu qu'on les considère à la lumière de la religion et qu'on les accepte,
elles ne sont plus nocives mais salutaires,
car elles purifient l'âme des inévitables souillures,
que du fait de notre nature viciée,
il nous arrive parfois de contracter.

Enfin, il écrit à sa sœur qui s'inquiète de sa possible tristesse :
Tu me demandes si je suis heureux : comment pourrait-il en être autrement ?
Tant que ma foi m'en donnera la force, je serai toujours heureux :
la tristesse doit être bannie des cœurs animés par la foi.
La douleur n'est pas la tristesse qui est la pire des affections.
Cette maladie est presque toujours le fruit de l'athéisme,
mais la fin pour laquelle nous avons été créés nous indique une voie,
sans doute semée d'épines, mais non une voie emplie de tristesse.

Parce que le témoignage de sa bonne conscience, éclairait toujours d'une grande joie son visage,
ainsi la lumière de sa face ne se perdait pas sur la terre.

(Lire la suite : L'homme des huit béatitudes V/XIII)

- Fr. Simon Lessard, O.P. -

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