27 novembre 2012

Entretien sur la Contemplation V/VI



L’évangile ne nous demande-t-il pas plus l’action que la contemplation ? L’action n’aide-t-elle pas plus les autres que la contemplation ? La contemplation est-elle un acte égoïste et l’action un acte altruiste ? Certes, ce qui aide le plus les autres c’est toujours de faire la volonté de Dieu dans le moment présent. Mais ce qui aide le plus les autres en général, c’est la contemplation… oui plus encore que l’action !

D’abord, contempler ce n’est pas se regarder soi-même, mais regarder autre chose, être sorti de soi par la beauté d’autre chose. La contemplation suscite face au bien l’amour et face au mal la compassion. La contemplation surnaturelle est un remède à l'égocentrisme qui nous éloigne de Dieu et des autres. Il faut bien distinguer ici, comme le fait saint Thomas, la contemplation naturelle de certains philosophes païens et la contemplation surnaturelle des saints. On peut aimer la contemplation par amour de l’activité intellectuelle elle-même et donc par amour de soi-même exerçant cette activité. Mais le saint aime la contemplation parce qu’elle est un moyen de s’unir à celui que son cœur aime, parce qu’elle est moyen de connaissance profonde de l’être aimé, de la vie avec lui. Cette contemplation-là est aux antipodes de l’égoïsme.

Mais surtout, ce qui aide le plus les autres c’est qu’ils deviennent des amis de Dieu, et ce qui peut le plus aider les autres à devenir des amis de Dieu c’est que vous soyez vous même de grands amis de Dieu. Plus vous serez amis de Dieu, plus les autres voudront entrer dans votre amitié et jouir avec vous de cette amitié délicieuse. Ce qui aide le plus les autres, c’est aussi que vous soyez leur ami. Si vous les faites entrer dans la maison de votre cœur, ils y découvriront votre amitié avec Dieu et ils auront le goût d’ouvrir leur cœur à leur tour à ces amitiés divines. L’amitié est l’arme principale des apôtres ! Saint Jean Chrysostome disait : « Si tu veux que quelqu’un devienne chrétien, fais-le habiter chez toi pendant un an. »

Même l’action n’aide vraiment les autres que si elle prend sa source dans la contemplation et conduit à la contemplation. C’est ce que rappelle le Concile Vatican II quand il dit : « Il appartient en propre à la véritable Église d’être à la fois fervente dans l’action et occupée de la contemplation, mais de telle sorte qu’en elle ce qui relève de l’action est ordonné et soumis à la contemplation. »[1] Avez-vous déjà entendu des homélies ennuyantes ? C’est parce que les prêtres ne contemplent souvent pas assez. Nous avons dit que contempler Dieu c’est faire le plein de Dieu. Un chrétien vide ne peut que donner du vide. Heureusement, les prêtres dans les sacrements ne sont que des pompistes !

- Fr. Simon Lessard, O.P. -




[1] Sacrosanctum Concilium #2.

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