8 avril 2015

Une interview de feu!

Grâce à mon ami le père Guy Simard, j'ai découvert cette interview avec Jim Caviezel qui incarne Jésus-Christ dans le film La Passion du Christ de Mel Gibson. C'est l'une des meilleures vidéos que j'ai vues de ma vie et pour cette raison je souhaite vous la partager. Malgré l'attitude quelque peu déplacée de l'animateur de l'émission, Jim Caviezel lui, sans aucun faux respect humain, prêche avec des paroles de feu. Toute l'entrevue est comme un long crescendo et la fin est absolument renversante. Jim avait certainement beaucoup prié et jeûné avant l'entrevue et je ne serais pas surpris qu'il fût inspiré par l'Esprit Saint d'une manière spéciale à certains moments.



Voici un extrait de l'entrevue traduit en français :

« Pendant quinze ans, Mel Gibson a senti dans son cœur que Dieu l’appelait à faire ce film. Et il savait ce qui arriverait s’il faisait ce film. Je lui ai dit : « Tu désires que je joue le rôle de Jésus ». Il m’a répondu que oui. Le lendemain, il téléphone chez moi pour me persuader de ne pas accepter le rôle. C’est comme cela que ça se passe: Vous prenez un engagement envers le Christ; vous Lui dites que vous allez faire ceci ou cela pour Lui, et soudain le diable entre en jeu et vous fait abandonner votre projet. Vous vous dites alors : « Je n’aurais pas dû avoir cette rencontre, je n’aurais pas dû faire ceci; j’ai fait toutes ces choses (sous-entendu : de mauvaises choses) et les gens vont découvrir quel genre de personne je suis; je ne peux pas faire ce film, je ne suis pas le bon gars, je ne devrais pas réaliser ce film. » Mel m’a téléphoné et m’a dit « Écoute, si tu fais ce film, il est possible que tu ne travailles plus jamais dans cette ville; et je ne veux pas être responsable de cela ». J’ai alors eu peur; j’ai réalisé toutes les belles choses que j’ai; j’ai réalisé que Dieu m’avait conduit dans ce travail, que mon talent venait de Dieu, et non pas des hommes. Je lui ai alors répondu : « Écoute Mel, nous avons tous à porter notre propre croix. Si tu ne prends pas ta croix et si tu ne la portes pas, tu vas être écrasé par son poids. » Mel est devenu silencieux au bout du fil et j’ai dit : « Oh my ! ». Il m’a dit : « Qu’est-ce qu’il y a »? » Je lui ai répondu : « Je viens de réaliser que mes initiales sont JC et que j’ai 33 ans. » Il m’a dit « Dieu, tu me fais paniquer »; et il a raccroché le téléphone (rires de l’interviewer, de la foule et de Jim).

J’ai lu le scénario et ce n’était que des passages de la Bible. Ce qui est étonnant, c’est que tout le monde veut la résurrection, mais personne veut la souffrance. Peut-on avoir la médaille d’or sans la souffrance? La personne qui se tient avec la médaille d’or à son cou, et qui voit le drapeau de son pays monter devant ses yeux, est-ce qu’elle se met à pleurer parce que Nike vient de lui téléphoner et de lui accorder un contrat de 30 millions de dollars, ou bien parce que cette personne se rappelle les sacrifices qu’elle a faits, les souffrances de sa famille et aussi tant de personnes qui ont beaucoup fait pour leur pays et d’autres qui ont donné leur vie pour Dieu en souffrant et en donnant leur sang; et vous entendez « The Star-Spangled Banner » (l’hymne national américain). De façon très semblable, je voulais que ce film manifeste la transcendance, le dépassement. Je m’étais dit que si je faisais ce film, je ne dépeindrais pas la passion de la médiocrité. Je ne voulais pas non plus dépeindre l’action de façon un peu païenne, en disant que Jésus n’a pas été livré par les siens, mais que ce sont les Romains qui sont les seuls responsables de sa mort. Si on regarde les choses en face, jour après jour, on voit bien que nous participons tous au fait de livrer Jésus, quand nous contribuons au péché; spécialement lorsque ce sont des chrétiens qui le trahissent. Mais Jésus continuellement nous dit de nous relever, d’essayer à nouveau, et de continuer la route.

Le film fut vraiment un enfantement dans la douleur. Dès le début du film, je me suis démis l’épaule. Et je me suis mis à penser : « Hé Dieu ! Voyons donc, on essaie de faire un film ici; je ne suis qu’un acteur (rires chez l’animateur et dans la foule) ». En pensant ainsi, on laisse le diable nous détruire. Et en même temps, nous recevions des appels téléphoniques en provenance de journaux importants, qui accusaient Mel Gibson d’être anti-sémite.

Durant le tournage, je devenais Jésus. Je ne voulais pas que les gens me voient moi, mais qu’ils voient Jésus. Et j’espérais que les gens qui iraient au cinéma puissent faire l’expérience de la façon dont Dieu les voit, et non pas de la façon dont ils se voient eux-mêmes. Car la façon dont Dieu nous voit, c’est cela que nous sommes vraiment.

Durant la flagellation, j’ai été accidentellement frappé; quand je portais la croix, mon épaule s’est disloquée. J’étais malade durant le tournage des scènes sur la croix. Je pèse normalement 210 livres. Durant le tournage, je pesais environ 168 livres, tellement j’étais malade. Je n’arrêtais pas de vomir. Mes deux poumons étaient remplis de fluide. J’ai fait une pneumonie. Après le tournage, la plupart des gens ne le savent pas car je n’en parle pas beaucoup, j’ai dû subir une opération au cœur. J’ai été frappé par la foudre lors de la dernière scène du tournage. Ce que je veux dire par là, c’est que si vous désirez être un chrétien, préparez-vous à cela.

Durant tout le film, je priais tout le temps, et je méditais tout le temps. Le jeûne était facile à cause du fait que j’étais malade. À la fin du film, quand j’étais sur la croix, mon corps était bleu. Ce n’était pas du maquillage; mon corps était effectivement bleu. Toujours sur la croix, mon épaule s’est complètement disloquée; je souffrais énormément et j’étais dans les vapes. Or quelque chose n’allait pas avec mon cœur. Quelqu’un a mis un stéthoscope sur mon cœur et à dit à Mel Gibson : « Il peut mourir. » Mel m’a dit : « Qu’est-ce que tu penses Jim? » Je lui ai répondu : « Je m’en vais. Cela, c’est une affaire entre Dieu et moi. » Car je ne me suis jamais senti assez bon (applaudissements dans la foule). À ce moment-là, j’étais prêt à retourner à la maison (la maison étant ici le ciel). Je disais à Dieu qu’il pouvait me prendre ici et maintenant. Mais j’étais certain que si je mourais en faisant ce film, plusieurs personnes seraient sauvées.

Plus loin dans la vidéo (16:05), Jim Caviezel raconte ceci:

À la fin du film, je montais sur le flanc de la montagne. Quand je suis arrivé au milieu de la montagne, toutes les personnes étaient placées là où elles devaient être; environ 250 personnes. J’ai senti une présence m’envahir, une présence diabolique. Cette présence diabolique me disait: « Tu es un homme mort ». Et je me suis mis à penser: ceci est la meilleure nouvelle que j’aie jamais reçue; parce que je savais que si je mourais, j’allais au ciel. J’arrive au sommet de la montagne. Vers la cinquième prise (de cinéma), les nuages étaient tellement bas. Le tonnerre et les éclairs avaient le son d’un Howitzer (un canon utilisé dans les guerres); ils étaient si puissants qu’on pouvait sentir la terre trembler. Il y avait deux personnes devant moi, à environ trente pieds de moi. Leurs yeux regardaient en haut et étaient mouillés, sur le point de pleurer. Je ne pouvais plus sentir mes cheveux et j’ai entendu un grand sursaut dans la foule car ils ont vu quelque chose. Moi, je n’entendais absolument rien, un peu comme si j’étais dans l’œil d’un cyclone. Quand vous êtes dans l’œil d’un cyclone, les vents peuvent être violents, mais vous n’entendez rien. Cinq secondes plus tard, un éclair descendait du ciel et me frappait. Les témoins de la scène ont vu une illumination autour de mon corps avec un feu à droite et à gauche de ma tête. Et pour un instant, je me suis vu en dehors de mon corps.

Le Pasteur Miles m’a demandé hier si c’était vrai que beaucoup de figurants du film étaient indifférents à la religion. Je lui ai répondu que oui. Il y avait trois groupes de personnes sur la scène du tournage. Il y avait les croyants, les non-croyants et les indécis (les « fence riders »: les gens qui sont à cheval sur une clôture et ne savent de quel côté pencher). Deux de ces groupes font de mauvaises décisions. Ce qui est surprenant, c’est que les indécis (les « fence riders ») croient qu’ils ne choisissent pas. Mais ils choisissent; c’est un choix qu'ils font. C'est une décision qu'ils prennent de chevaucher la clôture sans se décider. Mais quand j’ai été frappé par l’éclair, toutes ces personnes sont tombées face contre terre. La terre a tremblé. Ce fut la dernière prise cinématographique du film.

Sur la croix, je ne pouvais pas respirer très bien. Quand vous êtes suspendus à une croix, vous mourez pas asphyxie, par suffocation. Physiquement, je combattais. Mais notre Seigneur me faisait ressentir un peu de ce qu’Il a souffert. Il me soutenait, mais en me demandant : « Jusqu’où es-tu prêt à aller dans cette souffrance? » Et je lui ai répondu: « Jusqu’à la dernière goutte ». « Ok alors, on y va ». C’est un peu la question que Jésus a demandé à Jacques et Jean: « Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire? ». « Oui, nous pouvons ». Quand j’avais 18 ans, j’ai voulu entrer dans les Marines, sachant qu’on peut y laisser sa vie. Il n’y a rien de mieux pour moi que de donner ma vie pour Jésus Christ.

À partir de ce moment-ci de l’interview, Caviezel ne regarde plus l’animateur, mais se tourne vers les centaines d’étudiants qui sont devant lui dans la salle, et leur adresse ces paroles:

Aujourd’hui, j’entends des gens dire: oui, Jésus s’est sacrifié pour moi. Lui l'a fait; moi, je n’ai pas à faire cela. Il l’a fait pour moi. Ok. Mais pourquoi Pierre a-t-il dû le faire? Pourquoi Jacques a-t-il dû le faire. Pourquoi tous les apôtres ont-ils dû donner leur vie en sacrifice? Qu’en est-il de tous les martyrs du XXème siècle? Qu’en est-il de tous les chrétiens aujourd’hui qui sont exécutés aux pieds de Musulmans? Ce sont nos frères et sœurs. Où est le Seigneur pour eux? Est-ce que le Seigneur les déteste? On ne peut pas continuer à s’asseoir ici et à dire: « Je vais être chrétien seulement s’il est question de prospérité et s'il est question de vivre dans l’abondance. » Je veux que vous reteniez ceci: quand Jésus est allé rencontrer Hérode, Il ne l’a pas regardé. C’est l’Écriture qui le dit. Vous n’avez pas à chanter et à danser pour les gens du siècle (pour la société sécularisée) afin qu’ils croient. Ils ne croiront pas plus. Vous pouvez prier pour eux. C’est comme cela que les choses vont se passer: les gens vont continuer à choisir le mal; mais vous, vous n'avez pas à faire cela. Et le démon va vous analyser. Il va rechercher votre faiblesse. Il se dira: « Je peux donner à cette personne un million de dollars et elle va succomber; 10 millions pour cet autre personne; 50 millions pour telle autre personne et elle va succomber ».

Tout le monde parle de liberté de choix. Tous les Américains devraient savoir que la liberté n’existe pas pour faire ce que vous voulez, mais pour avoir le droit de faire ce que vous devez faire. Le problème que je vois maintenant, c’est que plusieurs chrétiens se sont immergés dans le paganisme. Ils veulent être « cool » envers leurs frères païens. Ils pensent qu’ils peuvent être un peu païens, pour être « cool ». Mais il n’y a rien de cool dans cela. Ce qui manque ici, c’est qu'on ne veut pas être saint. Eh bien voici ce qui va arriver: nous allons tous être testés un jour, et vous aurez le choix de donner votre vie pour le Christ ou le renier. Et cela va se passer durant notre génération. Il y beaucoup de choses qui se pointent à l’horizon en ce moment. Et vous aurez à faire un choix. Vous devrez faire un choix.

L’éternité nous attend. Nous allons tous mourir de la première mort. Espérons ne pas mourir de la seconde mort. Dieu n’envoie personne en enfer. Les gens choisissent d’y aller. Une société est faite pour vivre selon des valeurs morales. Fuyez cette génération corrompue, mes frères et sœurs. Vous n’êtes pas faits pour vous fondre dans la masse, mais pour relever la masse. Autre traduction possible de la phrase ci-dessous: « Vous n’êtes pas faits pour vous adapter, mais pour vous démarquer. »

« You weren’t meant to fit in; you were born to stand out ».

- Simon Lessard -

5 avril 2015

Preuve historique de la résurrection du Christ.

Christ est vraiment ressuscité! 

La résurrection du Christ est un événement réel qui a eu des manifestations historiquement constatées. (CEC#639) Elle peut donc être prouvée comme n'importe quel fait historique à partir de témoignages crédibles. Cette homélie du 19e siècle, qui n'a pas pris une ride sur le fond, résume les raisonnements prouvant ce fait historique qui fonde la certitude de la foi chrétienne. Que ceux qui doutent honnêtement lisent attentivement!

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Trompés ou trompeurs?

« Si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vaine, votre foi est sans fondement, et nous ne sommes que de faux témoins. » Suivons la route que nous ont tracée nos pères et nos maîtres dans la foi. Oublions pour un moment, Jésus-Christ nous le pardonnera, tous les autres prodiges, quelque éclatants, quelque démonstratifs qu’ils soient, pour ne nous occuper que du plus éclatant et du plus démonstratif de tous; et confirmons la foi chancelante de notre siècle, par la démonstration du fait qui l’a établie dans son origine. Considérons, et ceux qui ont attesté la résurrection de Jésus-Christ, et ceux qui l’ont contestée. Examinons de quelle autorité est le témoignage des uns, de quel poids est la réclamation des autres. Notre foi sera solidement appuyée, quand elle aura le double fondement, et de ce qu’ont fait ceux-là pour l’établir, et de ce qu’ont dit ceux-ci pour la combattre.

Les témoins de la résurrection ont été les apôtres et les disciples, qui ont annoncé hautement qu’ils avaient vu Jésus-Christ sorti vivant de son tombeau. Leur témoignage ne peut être infirmé que de deux manières: ou en prétendant qu’ils ont été trompés, ou en soutenant qu’ils ont été trompeurs. Il ne peut me rester aucun doute sur un fait, quand je suis assuré que ceux qui le rapportent n’ont pas pu être induits en erreur, et n’ont pas voulu m’y induire; qu’ils l’ont bien su, et qu’ils racontent exactement ce qu’ils ont su. Que les incrédules choisissent entre ces deux hypothèses celle qu’ils croiront leur être la plus favorable. Qu’ils déclarent s’ils veulent regarder les témoins de la résurrection comme des hommes abusés, ou comme des imposteurs. Mais il est nécessaire qu’ils choisissent. Il leur est impossible de soutenir à la fois les deux assertions. La bonne ou la mauvaise foi des témoins sont deux choses essentiellement opposées: s’ils ont été trompés, ils n’ont pas voulu tromper les autres; si leur intention a été de tromper, ils n’étaient donc pas trompés eux-mêmes. Ils ont nécessairement, ou cru sincèrement ce qu’ils rapportaient, ou connu pleinement leur mensonge.

L’incrédule veut-il s’arrêter à la première de ces assertions, et dire que les témoins ont raconté sincèrement ce qu’ils croyaient, mais qu’ils ont été dans l’erreur? Qu’il articule quelle est cette erreur où ils ont été induits. Elle ne peut avoir été que de deux sortes: les témoins croyant voir Jésus-Christ ressuscité, ou n’auraient rien vu du tout, ou auraient vu quelque chose qui lui ressemblait. De ces deux suppositions, il est difficile de décider quelle est la plus déraisonnable.

Pour sentir l’absurdité de l’une ou de l’autre, observons que dès qu’on suppose les apôtres sincères, mais trompés, on doit ajouter foi à leur récit, sur les choses sur lesquelles ils n’ont pas pu être abusés. On doit croire ce qu’ils disent d’eux-mêmes, de leurs dispositions, des diverses circonstances dans lesquelles ils se sont trouvés. On n’ira pas sans doute jusqu’à prétendre qu’ils se sont aussi trompés sur ce qu’ils ont pensé, sur ce qu’ils ont dit, sur ce qu’ils ont fait, sur les lieux où ils ont été. Pour leur imputer une succession aussi continue de bévues aussi graves, il faudrait soutenir qu’ils avaient l’esprit absolument aliéné. S’ils eussent été de ces insensés que la police renferme, quelqu’un s’en serait aperçu; leurs ennemis si nombreux, si acharnés, le leur auraient reproché. S’ils eussent été des insensés, comment auraient-ils pu convertir tant de personnes? S’ils eussent été des insensés, on en verrait des traces dans leurs discours et dans leurs écrits; on ne verrait pas sortir d’eux la morale la plus parfaite. S’ils eussent été des insensés, leur conduite eût-elle pu être aussi suivie, aussi soutenue, sans se démentir un seul moment? S’ils eussent été des insensés, l’eussent-ils été de la même manière, sur le même objet? Qu’on aille dans un hôpital de fous, et que l’on en trouve deux qui aient le même genre de déraison. Le silence de leurs adversaires, leurs succès, leurs discours, leurs actions, leur concert, tout détruit victorieusement l’imputation de démence qu’on essaierait de leur faire. Dès qu’il est d’une part prouvé qu’ils jouissent de leurs sens, et de l’autre supposé qu’ils étaient de bonne foi dans leurs récits, on ne peut pas s’empêcher de leur ajouter foi sur les choses où ils n’ont pas pu se tromper. La question se réduit à savoir si la résurrection de Jésus-Christ est de ce genre, ou si sur ce fait ils ont pu être induits en erreur. Quelques principes incontestables l’auront bientôt décidée.

Il est possible qu’un homme se fasse illusion, qu’il croie voir ce qu’en effet il ne voit pas, ou qu’il prenne un objet pour un autre. Mais qu’un grand nombre d’hommes se trompent tous ensemble, tous de la même manière, et que dans cette multitude il ne s’en trouve pas un qui, avec des yeux meilleurs ou un jugement plus sain, découvre l’erreur et la fasse apercevoir aux autres: cela n’est pas imaginable.

Il est possible que l’on se méprenne sur une personne que l’on voit une seule fois, en passant, de loin, surtout si on la connaissait peu, et si on l’a vue rarement. Mais la méprise répugne au sens commun, si c’est une personne dont on a une parfaite connaissance; si on la voit à plusieurs reprises, de très près, face à face, et si on vit continuellement avec elle.

Il est possible qu’un seul sens soit trompé, et qu’on croie voir ce qu’en effet on ne voit pas. Mais que tous les sens s’égarent en même temps et de la même manière, sans que l’un redresse l’erreur des autres; que tout à la fois on croie voir, entendre, toucher, ce qu’en effet on ne voit, on ne touche, ni on n’entend; le prétendre est une absurdité dangereuse, qui détruirait parmi les hommes la certitude physique, fondée principalement sur le rapport conforme de plusieurs sens.

Ces principes, dont nous ne croyons pas qu’aucun incrédule essaie d’ébranler la certitude, d’obscurcir l’évidence, étant établis, appliquons-les au récit des évangélistes, dont en ce moment nos adversaires reconnaissent la sincérité.

Ils rapportent que Jésus-Christ, qu’ils connaissaient pleinement, ayant passé trois ans à sa suite, sans le quitter, dans sa familiarité, a apparu, non pas à un disciple, mais à un grand nombre, tantôt aux uns, tantôt aux autres, à Madeleine, à d’autres femmes, à Pierre, à deux disciples, à tous les apôtres, à plus de cinq cents personnes réunies. Ils citent les lieux différents où se sont passées ces apparitions, dans un jardin, sur le chemin d’Émmaüs, dans le cénacle, sur le bord du lac de Génésareth, sur une montagne de Galilée. Ils disent que pendant quarante jours consécutifs il s’est montré vivant à ses apôtres, et qu’ils les a entretenus du Royaume de Dieu. Ils rapportent les discours qu’il leur a tenus en diverses occasions, la mission qu’il leur a donnée, les pouvoirs qu’il leur a conférés. Ils racontent qu’ils l’ont vu manger, et qu’ils ont mangé avec lui, qu’il s’est fait toucher par eux, et leur a fait sentir sa chair et ses os; qu’il leur a fait voir les plaies de son côté, de ses mains, de ses pieds: et leur y a fait mettre les doigts, et qu’ils l’ont vu remonter dans le ciel. Un concours aussi varié, aussi suivi de circonstances, peut-il laisser lieu à l’illusion? Un esprit raisonnable peut-il imaginer que tant d’hommes se trompent en même temps, se trompent de la même manière, sur une multitude de faits qui sont autant à leur portée? Qu’ils s’imaginent tous, et à tant de reprises, voir ce qui n’est pas sous leurs yeux, entendre ce qui ne frappe pas leurs oreilles, toucher ce qui est loin de leurs mains?

On prétend que les apôtres, ignorants et préoccupés de la future résurrection de leur Maître, ont dû être faciles à abuser.

Ils étaient ignorants, à la bonne heure; mais étaient-ils aveugles? Étaient-ils sourds? Sur un fait simple et palpable, un ignorant est un témoin aussi sûr qu’un philosophe. L’incrédule veut-il que l’on ferme les tribunaux qui jugent tous les jours, et qui ne peuvent juger la plupart des faits que sur la déposition d’hommes grossiers et sans lumières?

Ils étaient persuadés que leur Maître devait ressusciter! Dira-t-on aussi qu’ils étaient préoccupés de toutes les circonstances, de la continuité de parole et d’actions qu’ils rapportent; entichés de l’idée que Jésus-Christ apparaîtrait à ceux-ci dans un lieu, à ceux-là dans un autre, et que dans ces diverses apparitions il leur tiendrait tels et tels discours? Mais d’ailleurs toute la conduite des disciples prouvent la fausseté de l’assertion. Ils n’étaient prévenus de la future résurrection de Jésus-Christ, ni Joseph, Nicodème et les saintes femmes qui embaumaient son corps; ni Madeleine, qui le voyant, ne le reconnaît pas d’abord; ni les disciples d’Émmaüs, qui avaient espéré, disent-ils, avoir en lui le libérateur d’Israël; ni les apôtres, qui refusaient de croire les premiers témoins du fait; ni saint Thomas, qui, avant de se rendre à la conviction, voulait voir et toucher ses plaies. La lenteur avec laquelle les témoins de ce grand prodige l’ont cru, la circonspection qu’ils ont apportée à l’examiner, les preuves qu’ils en ont exigées, montrent évidemment que, loin d’être persuadés de la future résurrection de leur Maître, ils n’en avaient pas même la pensée. Ce qu’on nous donne comme une preuve qu’ils ont pu être aisément abusés, démontre de plus en plus l’impossibilité qu’ils le fussent.

Les disciples de Jésus-Christ n’ont pas pu être trompés sur le fait de sa résurrection; ont-ils été trompeurs? Ils ont su parfaitement ce qu’il en était; ont-ils dit ce qu’ils savaient être faux? Trois propositions vont résoudre cette seconde question: ils n’ont pas voulu en imposer; l’eussent-ils voulu, ils ne l’auraient pas osé; l’eussent-ils osé, ils ne l’auraient pas pu.

En premier lieu, et le caractère moral des hommes apostoliques, et la manière dont ils ont rendu leur témoignage, repoussent loin d’eux la supposition de mauvaise foi. Nous sommes accoutumés à les révérer comme des saints; mais transportons-nous dans l’hypothèse contraire. Que seraient des hommes déterminés à mentir, et au monde, et à leur propre conscience; à mentir pour abolir toutes les religions professées sur la terre; à mentir pour faire adorer comme un Dieu, un homme qu’ils auraient su être un imposteur; à mentir au nom de Dieu, et à joindre l’hypocrisie à la fausseté? De tels hommes seraient certainement de grands et de profonds scélérats. Mais que voit-on dans les apôtres, qui autorise une telle inculpation? Ils apportent au monde la morale la plus sainte que le monde eût jamais entendue. Il n’y a pas une vertu qu’ils ne prêchent, pas un vice qu’ils ne combattent. Ils prescrivent les vertus les plus austères, imposent les devoirs les plus pénibles, exigent les sacrifices les plus onéreux. Est-ce là le système religieux qu’auraient imaginé des hommes sans conscience? Voulant faire adopter au monde une doctrine de leur invention, ne lui en auraient-ils pas présenté une qui lui fût agréable? Le ton même de leurs écrits annonce leur vertu. Ils disent les choses les plus merveilleuses, avec une simplicité qui ne se trouve dans aucun autre auteur. Ils suppriment toutes réflexions, lors même qu’elles pourraient paraître le plus utiles pour établir la vérité des faits, pour en faire sentir l’importance, pour en faire ressortir ce qu’ils ont d’admirable, pour en faire apercevoir les conséquences. Dans tous les pays qu’ils ont parcourus, ils ont trouvé des ennemis violents, qui n’ont cessé de les persécuter, et qui ont fini par les égorger. Qu’on nous en cite un seul qui les ait attaqués du côté des moeurs et de la probité. L’attestation la plus forte en leur faveur, est le silence universel de tant d’hommes intéressés à les accuser. Au milieu des plus cruelles persécutions, ils ne se permettent, ni une plainte, ni une parole de ressentiment. On les traite de fourbes, et ils sont sincères, même à leur désavantage. Ils racontent avec une ingénuité qui ne se trouve nulle part ailleurs, leurs propres défauts et leurs fautes, leur grossièreté et leur peu d’intelligence, leur ambition et leurs divisions, leur lâcheté dans la Passion après leur présomption et leurs bravades, le reniement honteux de l’un d’entre eux. À chaque pas on voit éclater dans eux les vertus qu’ils commandent. On les voit pratiquer, sans jamais s’en écarter, la sublime morale qu’ils prêchent.

Ainsi se montrent dans toute leur conduite personnelle, ces hommes que l’on accuse de s’être joués de la crédulité publique. La marche qu’ils tiennent dans leur prédication, montre également qu’il n’ont pas eu cette criminelle intention. Le premier soin d’un imposteur, est de faire perdre la trace de la fraude. Les faits qu’il invente, il les place soit à une époque éloignée, afin de n’être pas démenti par les contemporains; soit dans une région lointaine, pour que les témoins ne le contredisent pas. Il les sème dans l’obscurité, afin qu’ils aient commencé à germer et acquis de la consistance, avant de se produire au grand jour. Et parce que c’est la route ordinaire des faussaires, les apôtres suivront la route diamétralement opposée. Tout ce que des imposteurs auraient évité, ils le recherchent; tout ce que des imposteurs auraient recherché, ils l’évitent. Ils choisissent toutes les circonstances les plus propres à faire découvrir une fourberie. Circonstance du lieu: c’est dans la ville même où Jésus-Christ a vécu et a été crucifié, à la face de ceux qui l’ont vu, de ceux qui ont demandé, ordonné, exécuté son supplice, qu’ils annoncent ses miracles. Circonstance du temps: c’est cinquante jours après l’événement qu’ils le publient, lorsque tout le monde parlait encore de la vie et de la mort de Jésus-Christ, lorsque tout le monde avait en main de quoi les contredire, s’ils eussent menti. Circonstance de la publicité: c’est lorsqu’une fête solennelle attire à Jérusalem une nombreuse affluence, qu’ils ouvrent leur prédication. Il semble qu’ils aient attendu le moment où il y aurait le plus de monde à portée de les contredire.

En second lieu, en supposant, contre toute raison, que les hommes apostoliques eussent eu la volonté de tromper le genre humain, ils n’en auraient pas eu le courage. Prêcher Jésus-Christ ressuscité, c’était déclarer à toute la nation juive, à ses chefs, au gouverneur romain, qu’ils avaient fait périr leur Dieu; c’était les accuser solennellement du crime le plus énorme que l’imagination puisse concevoir; c’était se livrer hardiment à toute leur rage, dont les disciples venaient de voir dans la personne de leur Maître un si terrible exemple. Ils le savaient parfaitement; car ils rapportaient que Jésus-Christ leur avait prédit plusieurs fois les vexations, les persécutions, les tortures que leur ferait éprouver leur témoignage. Et quels sont les hommes à qui on suppose une audace aussi extraordinaire, disons, avec plus de vérité, aussi extravagante? Ce sont de pauvres pêcheurs, faibles, pusillanimes, qui ont lâchement abandonné leur Maître dans le danger, qui, lorsqu’ils l’ont vu mort, tremblant pour eux-mêmes, se tenaient renfermés, et n’osaient se présenter aux regards des Juifs. Qu’est-ce donc qui les a fait passer de cette si grande terreur, dans cette excessive témérité? Quand leur Maître vivait, quand à sa suite ils se berçaient des plus flatteuses espérances, ils étaient lâches et timides. Quand ils le voient mort, quand ils ne peuvent plus rien en espérer, ils deviennent tout à coup d’une intrépidité sans exemple. C’est au moment où ils reconnaissaient qu’il n’était qu’un imposteur, que leur zèle pour lui prend une vigueur qu’il n’avait pas encore eue. Pour s’exposer à un grand danger, pour se dévouer à de grands maux, il faut un grand intérêt. Tous les intérêts de cette vie s’opposaient au projet criminel dont on accuse les témoins de la résurrection. Ils ne pouvaient être mus que par l’intérêt de la vie future, et celui-là n’inspire pas le mensonge.

En troisième lieu, supposons que tout ce que nous venons de prouver n’est pas véritable; que les disciples de Jésus-Christ aient eu, et la volonté, et l’audace d’en imposer sur le fait de la résurrection. Dans ce cas-là ils n’en auraient pas eu la possibilité. Pour tromper conjointement, il faut s’être concerté; et un accord entre les témoins de la résurrection, est une absurdité révoltante: c’est une absurdité, soit dans sa formation, soit dans son exécution. Il est impossible, et que les disciples aient tenté cet accord, et qu’ils l’aient réalisé.

Considérons le nombre de personnes qui auraient pris part à cette imposture. Saint Paul rapporte que Jésus-Christ ressuscité, est apparu à plus de cinq cents d’entre les frères. Son témoignage, tout apôtre qu’il est, est ici du plus grand poids. Lorsqu’il affirmait ce fait, un grand nombre de ces témoins vivaient encore. Aurait-il osé produire une assertion qu’il eût été si facile de démentir? Quand il l’a avancée au milieu de tant d’ennemis intéressés à la combattre, s’en est-il trouvé quelqu’un qui l’ait contredite? Par cela seul qu’il ne la nient pas, tous les anciens adversaires du christianisme la confirment. Il faut donc imaginer que plus de cinq cents hommes se soient réunis, et aient formé entre eux tout le détestable et périlleux complot de donner au monde une fausse religion; qu’ils aient été tous assez sûrs les uns des autres pour ne pas craindre de se confier une aussi criminelle pensée; que, dans cette nombreuse multitude, il ne se soit pas trouvé un seul homme révolté par l’horreur d’un si grand crime, arrêté par la terreur des suites; pas un à qui il soit entré dans l’esprit que s’ils avaient tous la connaissance que Jésus-Christ n’était pas ressuscité, d’autres pouvaient l’avoir, révéler leur secret et les confondre; pas un qui ait considéré que leurs ennemis, dont ils allaient encore aigrir la rage par leur accusation, avaient en main pour découvrir la fourberie, toute l’autorité pour la punir; pas un qui, par tous ces motifs si puissants, se soit opposé à la conspiration, ou s’en soit retiré. Il faut encore considérer que dans ce secret seraient entrées plusieurs femmes; qu’elles en seraient même les premiers mobiles, puisque ce sont elles qui ont rapporté les premières apparitions. Il faut leur supposer la même scélératesse, la même intrépidité qu’aux hommes.

Le complot formé, il faut le soutenir. Il faut que de tous ceux qui y sont entrés, aucun n’ait un moment de repentir. Il faut qu’aucun ne soit effrayé des dangers qu’il court, rebuté des maux qu’il éprouve, tenté par l’espoir des récompenses que lui ferait espérer la révélation. Il faut qu’ils aient si parfaitement concerté, non seulement le fait principal, mais les plus minutieuses circonstances, qu’ils ne se coupent jamais eux-mêmes; que jamais ils ne se contredisent entre eux. Il faut qu’ils aient prévu si exactement toutes les interrogations si variées, qu’on ne manquera pas de leur faire, que dans les diverses régions où ils se répandent, ils répondent tous constamment de la même manière. Il faut que l’intérêt qui les unit ne change jamais; qu’il ne survienne entre eux ni dissensions, ni jalousies, ni disputes, dont les hommes les plus honnêtes ne sont pas exempts, qui sont si ordinaires entre les scélérats, et qui doivent nécessairement les diviser, soit qu’ils restent tels, soit qu’ils se corrigent. Que de toutes ces choses si communes une seule manque, leur secret passe entre les mains de leurs ennemis, et les voilà livrés au mépris et aux supplices qu’ils méritent.

Ce n’est pas tout: et voilà ce qui rend plus impossible encore l’exécution de ce crime commun. Combien de criminels à qui la vue, et surtout l’épreuve des tortures, fait avouer leurs forfaits. Ceux qui résistent aux tourments, c’est qu’ils espèrent à force de constance, conserver leur vie. Ici c’est tout le contraire. Livrés aux plus cruels supplices, les disciples savent que persister dans leur témoignage, est les aggraver encore et s’assurer la mort; ils savent que se rétracter est se délivrer de tous les maux, se conserver la vie, se procurer des récompenses et des honneurs: et parmi eux tous, il ne s’en trouve pas un seul qui avoue le complot criminel. Quel inconcevable mélange de fausseté pour former le projet, de bonne foi pour le suivre! Comment regarder les mêmes hommes tout à la fois comme des monstres de scélératesse, et des héros de fidélité? Comment cette fidélité à toute épreuve, qui serait à peine imaginable dans une société d’honnêtes gens, peut-on la supposer uniformément dans une troupe aussi nombreuse d’imposteurs?

À toutes ces preuves de l’impossibilité du crime, dont on accuse les hommes apostoliques, nous en ajouterons une autre très forte; et ce sont leurs ennemis eux-mêmes qui nous la fournissent. Ce qu’ils objectent pour réfuter la réalité de la résurrection, achève de la confirmer. Les Juifs ont prétendu que pendant la nuit, et tandis que les gardes dormaient, les disciples de Jésus-Christ sont venus dérober dans le tombeau le corps de leur Maître. Saint Mathieu, qui rapporte cette allégation, ajoute qu’elle était répandue de son temps parmi le peuple. Son récit, quand il serait isolé, mériterait encore croyance. C’était six ou huit ans après l’événement, qu’il écrivait son évangile. Aurait-il osé imputer à ses ennemis une assertion qu’ils n’auraient pas faite? Quelqu’un d’eux ne l’aurait-il pas démenti? Les chefs de la nation ne l’auraient-ils pas puni de leur imputer à tort cette ridicule défaite? Il n’a point été contredit par ceux qui y avaient intérêt; ainsi il a dit la vérité. Et non seulement il n’a pas été contredit, mais son rapport est confirmé par ses adversaires eux-mêmes. Les ennemis du christianisme de son temps ont transmis à ceux qui les ont suivis, cette accusation intentée aux apôtres, de l’enlèvement du corps pendant le sommeil des gardes. Elle a passé de bouche en bouche aux incrédules des siècles suivants. Celse, Porphyre, Julien n’ont pas eu autre chose à opposer au témoignage des apôtres. Plusieurs déistes de nos jours réchauffent encore la même inculpation, d’après leurs devanciers.

De ce que dans le temps de la résurrection et dans les temps qui l’ont suivie, ceux qui ont voulu la contester, n’y ont opposé que l’histoire de l’enlèvement, résultent deux conséquences importantes:

1. Il est maintenant impossible d’en objecter une autre, et les déistes sont obligés de soutenir la vérité de celle-là. Si quelqu’un d’eux imaginaient aujourd’hui de présenter une nouvelle histoire, nous lui dirions avec fondement: D’où la savez-vous? comment après un si long temps pouvez-vous alléguer ce dont aucun de vos prédécesseurs n’a parlé? Si ce que vous dites était vrai, les premiers ennemis de la religion l’auraient-ils ignoré? S’ils l’avaient su, l’auraient-ils tu?

2. Le récit des apôtres, réuni à celui des gardes, prouve une vérité: c’est que le corps de Jésus-Christ, placé dans le tombeau le vendredi après-midi, et qui y était encore lorsqu’on plaça les gardes, et qu’on scella le tombeau, n’y était plus le dimanche au matin. Le rapport des évangélistes et celui de leurs adversaires, s’accordant sur ce point, le rendent incontestable. Chrétiens et Juifs, tout le monde en est convaincu dans le temps. Qui pourrait le révoquer en doute aujourd’hui? Le point où l’on diffère, est que les apôtres assurent que Jésus-Christ est sorti du tombeau en ressuscitant, et que les gardes racontent qu’il en a été tiré pendant leur sommeil. C’est donc entre ces deux relations que roule toute la discussion. La question consiste à savoir laquelle des deux est véritable. Ces deux assertions, parce que les deux partis s’y sont fermement arrêtés, et n’en ont pas produit d’autres, sont devenues comme deux propositions contradictoires, dont il faut reconnaître l’une vraie, dès que l’autre est démontrée fausse. Ainsi, en prouvant que l’enlèvement raconté par les Juifs est une fable absurde, nous aurons ajouté un nouveau motif de certitude à la résurrection rapportée par les évangélistes.

Il fallait une audace inconcevable pour venir au milieu des soldats, enlever le corps qu’ils étaient chargés de garder. Il fallait, pour former ce projet, être sûr de les trouver tous endormis. Et comment pouvait-on l’imaginer? Qu’un seul des gardes ne dormît pas, le crime était découvert; et sur-le-champ les coupables arrêtés et envoyés au supplice. Ce sont des hommes aussi timides que l’étaient les apôtres, que l’on suppose capables de s’exposer à un danger aussi grand et aussi certain. Voici une dispute d’un genre étrange. Les apôtres conviennent de leur lâcheté; et on s’opiniâtre à leur attribuer une témérité qui va jusqu’à l’extravagance.

En admettant que les apôtres étaient sûrs de trouver les gardes endormis, il faut soutenir aussi qu’ils étaient certains de ne pas les réveiller; qu’ils comptaient arriver, rompre les sceaux, rouler l’énorme pierre qui fermait le tombeau, enlever le corps, et s’en aller; le tout si doucement, si légèrement, que de tous les gardes répandus autour du tombeau, aucun ne fût retiré de son sommeil. Il faut prétendre que cette idée absurde a été réalisée, et qu’en effet les gardes dormaient tous si profondément, qu’aucun d’eux n’a été réveillé par le bruit nécessairement très grand qu’a dû faire cette opération.

Supposons encore que les apôtres aient été assez scélérats pour désirer cet enlèvement, assez insensés pour en former le projet, assez téméraires pour l’exécuter; il faut leur donner un intérêt proportionné au danger dans lequel il se jettent. Quel bien pouvaient-ils espérer de ce corps mort? Celui qui n’avait pu se sauver lui-même, de quel secours pouvait-il leur être? Du côté du ciel, ils n’avaient à attendre que des anathèmes et une condamnation terrible; du côté de la terre, que des contradictions, des affronts, des persécutions, des supplices.

Les apôtres, que l’on suppose assez habiles pour exécuter avec une dextérité incroyable, un coup aussi difficile, combien en même temps on les montre maladroits! On veut qu’après avoir tiré le corps du tombeau, au lieu de s’éloigner sur-le-champ, comme ils devaient en être très pressés, et d’emporter le corps enveloppé des ses linges, ils se soient amusés à déployer des linges, et aient perdu à cette opération, un temps qui devait leur être bien précieux.

C’étaient les Juifs, et cette considération est importante, qui avaient choisi les gardes du tombeau. Ils les avaient placés, prévoyant qu’on pourrait venir enlever le corps de Jésus, pour annoncer ensuite sa résurrection. On peut juger s’ils avaient eu soin de prendre les plus incorruptibles, les plus vigilants, les plus attachés à leur parti, les plus propres en un mot à empêcher la fraude qu’ils craignaient. On peut juger s’ils avaient donné les ordres les plus positifs, la consigne la plus sévère. La mission de ces soldats était très courte; il ne devait garder le tombeau que jusqu’au troisième jour. C’était surtout la nuit qu’ils devaient être sur leurs gardes, puisque c’était le temps où l’enlèvement était le plus facile, le seul temps où il fût possible. Et ces hommes, que tant d’intérêts engageaient à être fidèles, c’est dès la première ou tout au plus dès la seconde nuit qu’ils se sont endormis, qu’ils se sont endormis tous, qu’ils se sont endormis si profondément que rien n’a pu les réveiller.

C’est, suivant les gardes, pendant leur sommeil que les apôtres sont venus dérober le corps de leur Maître. S’ils dormaient, comment l’ont-ils su? Comment peuvent-ils articuler un fait arrivé pendant leur sommeil? Comment se permettent-ils d’en nommer les auteurs qu’ils n’ont pas vus? Tels sont les seuls témoins que puissent produire les incrédules anciens et modernes: des hommes qui conviennent qu’ils étaient endormis.

Les soldats conviennent qu’ils étaient endormis, et leur fonction était de veiller; ils conviennent qu’ils ont laissé enlever le corps de Jésus-Christ, et leur consigne était de le garder; ils sont donc de leur propre aveu très coupables. On sait combien sont sévères les peines contre les militaires qui manquent à leur consigne. Pourquoi donc ceux-là ne sont-ils pas punis? Comment se fait-il que le Sanhédrin ne leur inflige pas la plus légère correction, ne leur adresse pas la moindre réprimande? Nous voyons, très peu de temps après, Hérode envoyer au supplice des soldats à qui il avait confié la garde de saint Pierre, parce que cet apôtre s’était échappé miraculeusement de leurs mains. L’enlèvement du corps de Jésus-Christ était d’une bien autre conséquence, les circonstances du délit de ses gardes, bien plus graves, l’intérêt des princes des prêtres à les punir, bien plus grand: et cependant ils n’osent rien leur faire.

Et les apôtres qui ont commis ce grand crime, on ne les recherche point, on ne les cite point, on ne les juges point, on ne les punit point. On s’était donné tant de précautions pour prévenir leur forfait, et quand ils l’ont commis on ne leur dit rien. Mais voici qui est plus fort encore. Quelques semaines après, lorsque les apôtres annoncent hautement la résurrection de leur Maître, lorsque le succès de leur prédication commence à effrayer le Sanhédrin, lorsque de nombreuses conversions rangent déjà de leur côté une multitude de personnes, le grand conseil des chefs de la nation les mande enfin. Et sur quoi va-t-il les interroger? Est-ce sur le crime dont il les a accusés dans le public, d’avoir enlevé le corps de leur Maître? Non: il ne sera plus question de ce prétendu attentat. On leur reproche d’annoncer la résurrection de Jésus, on leur défend de parler et d’enseigner désormais en son nom, on ne leur dit pas un seul mot de ce qui aurait été bien plus criminel. Pourquoi ce silence sur l’enlèvement du corps, quand il aurait été si utile au Sanhédrin de le relever; quand, en convainquant les apôtres de ce fait si grave, on faisait tomber leur prédication, et on anéantissait de ce seul coup leur parti? Il ne peut y avoir une seule raison qui ait empêché l’information sur ce fait essentiel. Le sanhédrin ne l’a pas faite, parce qu’il n’a pas osé la faire; parce qu’il savait avec certitude, qu’au lieu d’inculper les apôtres, elle tournerait contre lui-même. Que nos adversaires nous indiquent un autre motif qui ait pu engager les chefs de la synagogue, à ne pas intenter un procès aux apôtres, sur un crime aussi capital, et qu’il était si important de ne pas laisser impuni.

Revenons maintenant sur nos pas, et résumons-nous. Les témoins de la résurrection n’étaient ni des visionnaires et des insensés; ni des fourbes et des scélérats. Ce n’était pas sur des ouï dire qu’ils parlaient: ce qu’ils prêchaient, ils l’avaient vu, entendu, touché plusieurs fois. Ils étaient en grand nombre; et jamais ils ne se sont contredits, ni sur le fait ni sur les circonstances. Ils publient la résurrection dans le même temps et sur le même lieu où elle vient de s’opérer; au milieu d’une multitude nombreuse, à la face de tous ceux qui y avaient intérêt, et qui auraient pu avoir les moyens de les contredire. Il est impossible d’imaginer que tant d’hommes se soient concertés pour un mensonge, surtout pour un mensonge auquel ils n’avaient pas d’intérêt; plus impossible encore qu’ils l’aient soutenu constamment et uniformément; qu’ils l’aient soutenu au milieu des contradictions, des persécutions, des tortures, sachant qu’en l’avouant ils se délivreraient de tous leurs maux, et se procureraient de grands biens. Le crime dont on les accuse pour détruire leur relation, n’a d’autres témoins que des hommes qui conviennent qu’ils étaient endormis. Jamais les apôtres n’auraient osé le tenter; et quand ils en auraient eu l’absurde témérité, ils n’auraient pas pu l’effectuer. Leurs ennemis, qui étaient en même temps leurs juges, n’ont jamais osé punir, ni eux de l’avoir commis, ni les soldats de l’avoir laissé commettre. Quel fait, dans l’histoire des siècles, réunit autant de motifs d’évidence? Y en a-t-il un seul, même des plus indubitables, dont on puisse comparer la certitude à celle de la résurrection?

Terminons, et confirmons les preuves de la résurrection du divin Sauveur, par l’examen de la principale difficulté qu’élèvent contre ce fait essentiel, les incrédules, qu’ils répètent sans cesse avec une confiance entière, et avec laquelle ils prétendent anéantir nos démonstrations. Pourquoi, disent-ils, Jésus-Christ ressuscité ne s’est-il manifesté qu’à ses disciples? Pourquoi ne s’est-il pas offert aux regards de la multitude qui l’avait vu expirer? S’il avait donné à sa résurrection la même publicité qu’à sa mort, il aurait été impossible de douter de l’une plus que de l’autre. Le but de ces apparitions est de montrer qu’il a été rendu à la vie. Il le manque en se faisant voir à si peu de personnes, tandis qu’il pouvait aisément l’atteindre en se montrant à toute la Judée. La multitude des témoins aurait imposé silence aux contradicteurs. Les princes des prêtres, confondus par l’éclat de ce miracle, auraient été forcés de reconnaître avec tous les autres l’Envoyé céleste. Mais pour opérer leur conviction, celle des Juifs et de tout le genre humain, il aurait fallu une résurrection bien publique; une résurrection secrète ne suffisait pas.

Une résurrection secrète! Peut-on appeler ainsi celle qui a été vue par plus de cinq cents personnes? La résurrection de Jésus-Christ a eu le degré de publicité que donnent à un fait cinq cents témoins oculaires. La difficulté des déistes se réduit à demander pourquoi elle n’en a pas eu davantage.

On dit que la résurrection du Sauveur, rendue aussi publique que l’avait été sa mort, aurait imposé silence aux contradicteurs. De quels contradicteurs parle-t-on? Est-ce de ceux d’alors, des chefs de la synagogue? Mais ils avaient été témoins de tous les miracles que pendant trois ans Jésus-Christ n’avait cessé d’opérer avec plus grande solennité. Les morts ressuscités, les malades guéris par lui étaient au milieu d’eux; et cependant ils refusaient de croire en lui. Ils ne pouvaient pas nier la vérité des faits; ils en contestaient la conséquence. La notoriété de ces miracles était si publique, que les apôtres rappelaient ceux à qui ils la prêchaient, à la connaissance qu’eux-mêmes en avaient. Elle était si incontestable, que les ennemis du christianisme, dans les premiers siècles, n’osaient pas la révoquer en doute. Et on nous dit que la résurrection, vue par eux, aurait opéré leur conviction. Ce n’eût été qu’un miracle de plus ajouté à une multitude d’autres. Fait-on voir un homme qui ferme volontairement les yeux, en augmentant autour de lui la lumière?

Sont-ce les contradicteurs actuels, c’est-à-dire, eux-mêmes, que les incrédules disent qui seraient forcés de se taire, si la résurrection de Jésus-Christ eût été aussi publique que sa mort? Mais peut-on croire cette assertion sérieuse, quand on les voit se refuser à toute preuve de tout miracle? On les entend, les uns prétendre que le miracle en lui-même est impossible; les autres se moquer de tout témoignage humain, et rejeter la certitude morale; les autres soutenir que cette certitude fondée sur le témoignage des hommes, suffisante dans l’ordre ordinaire, ne l’est pas pour persuader les faits miraculeux. Qu’ils s’accordent donc avec eux-mêmes. Qu’ils ne disent plus d’une part, que les miracles ne peuvent être prouvés par des témoins; et de l’autre qu’ils croiraient le miracle de la résurrection, s’il avait eu un plus grand nombre de témoins. 

Abandonnons-les à leurs inconséquences, et examinons leur raisonnement en lui-même. Demandons-leur seulement de ne pas raisonner sur la religion, comme ils auraient honte de raisonner sur tout autre objet. Quand une vérité leur est démontrée, s’avisent-ils de la rejeter sous prétexte qu’elle n’a pas tel genre ou tel degré de preuves? Quelle est cette logique de prétendre qu’un fait n’est pas suffisamment démontré parce qu’une preuve qu’on imagine lui manque? Qu’importe que la résurrection ne soit pas démontrée de telle manière, pourvu qu’elle le soit démonstrativement? Plus publique, dit-on, elle serait mieux prouvée. Mais elle ne serait pas pour cela plus certaine, puisque les preuves qui en existent donnent une certitude pleine et entière. Prétendra-t-on que Dieu soit tenu de donner à ses miracles les preuves les plus palpables qui puissent exister? Que l’on nous donne des raisons de cette étrange assertion. Il serait le maître de nous donner la persuasion de sa religion, sans aucun moyen extérieur, sans aucun raisonnement, et par une simple inspiration; il en a incontestablement la puissance. S’ensuit-il qu’il en ait l’obligation? Libre de se servir ou de ne pas se servir des motifs de crédibilité, il l’est également, il l’est également de leur donner le degré de force qu’il lui plaît. Ne suffit-il pas qu’ils soient tels qu’un esprit raisonnable doive y ajouter foi? De tous les faits que croient les déistes, il n’y en a pas qui soit plus complètement démontré que la résurrection de Jésus-Christ. Que leur faut-il de plus pour en être persuadés.

Qu’ils cessent donc de nous dire: Pourquoi Jésus-Christ n’a-t-il pas donné une solennité plus grande à sa résurrection? 

À cette indiscrète question nous répondrons d’abord: Il ne l’a pas voulu. Prétend-on l’astreindre à rendre compte de toutes ses raisons? Nous ne sommes pas en droit de nier un fait, parce que nous en ignorons le motif; nous le pouvons bien moins encore, quand il est l’œuvre de celui dont les pensées sont incompréhensibles et les voies impénétrables. Nous répondrons ensuite que ce n’est pas ici un mystère. Et que les incrédules eux-mêmes nous indiquent le motif qui a engagé Jésus-Christ à ne pas donner à sa résurrection la publicité qu’avait eue sa mort. Tout le monde, disent-ils, aurait été forcé de la croire: et c’est là précisément ce que Dieu ne voulait pas. Il a voulu que nous fussions obligés de croire sa résurrection; il n’a pas voulu que nous y fussions contraints. Il nous a fait de la croyance un devoir; et pour que nous le remplissions, il l’a fondé sur des preuves non seulement suffisantes, mais surabondantes. Il ne nous en a pas fait une nécessité, et en conséquence il ne l’a pas munie de preuves tellement subjuguantes, que nous fussions forcés d’y céder. Son intention a été que nous crussions volontairement, et que notre foi fût tout à la fois motivée et méritoire. Sans motifs, nous n’aurions pas cru sur des motifs qui forceraient notre assentiment, nous n’aurions pas cru librement. Il connaît, dans sa sagesse infinie, le degré de lumière nécessaire pour imposer l’obligation de croire, le degré convenable pour qu’il reste à la foi un mérite. Les preuves qu’il donne à ses vérités religieuses, il les proportionne d’une part à notre intelligence, de l’autre au mérite qu’il veut que nous acquérions. Et c’est encore dans lui une infinie miséricorde de nous faire de la foi une vertu méritoire, en la rendant si facile par les preuves évidentes dont il l’environne. 

- Guillaume de la Luzerne (1738-1821) -
(Explication des Évangiles dans œuvres, édition Périsse Frères, 1842, tome 9, p. 394-416.)

4 avril 2015

Une lumière qui vit en vertu du sacrifice!

Réflexion du pape Benoît XVI
sur le Cierge Pascal.

Chers amis, je voudrais vous partager une pensée sur la lumière et sur l’illumination. Durant la Vigile pascale, la nuit de la nouvelle création, l’Église présente le mystère de la lumière avec un symbole tout à fait particulier et très humble : le cierge pascal. C’est une lumière qui vit en vertu du sacrifice. Le cierge illumine en se consumant lui-même. Il donne la lumière en se donnant lui-même. Ainsi il représente d’une façon merveilleuse le mystère pascal du Christ qui se donne lui-même et ainsi donne la grande lumière. En second lieu, nous pouvons réfléchir sur le fait que la lumière du cierge est du feu. Le feu est une force qui modèle le monde, un pouvoir qui transforme. Et le feu donne la chaleur. Là encore le mystère du Christ se rend à nouveau visible. Le Christ, la lumière est feu, il est la flamme qui brûle le mal transformant ainsi le monde et nous-mêmes. « Qui est près de moi est près du feu », exprime une parole de Jésus transmise par Origène. Et ce feu est en même temps chaleur, non une lumière froide, mais une lumière dans laquelle se rencontrent la chaleur et la bonté de Dieu.

Le grand hymne de l’Exultet, que le diacre chante au début de la liturgie pascale, nous fait encore remarquer d’une façon très discrète un autre aspect. Il rappelle que ce produit, la cire, est du en premier lieu au travail des abeilles. Ainsi entre en jeu la création tout entière. Dans la cire, la création devient porteuse de lumière. Mais, selon la pensée des Pères, il y a aussi une allusion implicite à l’Église. La coopération de la communauté vivante des fidèles dans l’Église est presque semblable à l’œuvre des abeilles. Elle construit la communauté de la lumière. Nous pouvons ainsi voir dans la cire un rappel fait à nous-mêmes et à notre communion dans la communauté de l’Église, qu’elle existe afin que la lumière du Christ puisse illuminer le monde.

- Benoît XVI -
(Samedi Saint, 7 avril 2012.)

25 février 2015

Prions pour les 7 papes vivants!

Un vénérable et saint prêtre me suggérait récemment cette intention particulière qui me paraît tellement répondre au désir du Cœur de Dieu, du Cœur de Notre-Seigneur, que je vous la livre comme un exemple parfait d'une véritable prière de demande : « Il faut, disait-il, que nous priions particulièrement pour ceux qui, vivant actuellement, sont destinés à devenir Souverains Pontifes. » Il y a actuellement des prêtres, il y a actuellement des jeunes gens, des enfants, où ? Dieu le sait, que le Christ prépare pour le Souverain Pontificat. »

Il paraît qu’il est normal qu’il y en ait au moins cinq en vie, selon le rythme de vie des derniers papes, qui sont déjà sur terre et qui arriveront au Souverain Pontificat. (Un enfant, un séminariste, un prêtre, un évêque et un cardinal vivent présentement sur terre et deviendront pape un jour. Ajoutez le pape actuel et le pape émérite et il nous faut alors prier pour 7 papes vivants! L'histoire le prouve, puisque quand Pie XI est mort, François avait déjà 3 ans, ce qui fait même 8 papes contemporains pour cette époque.) 

Ce même prêtre me disait : « Nous pouvons, par notre prière, leur faciliter beaucoup la préparation que la Providence juge nécessaire pour les mener jusque-là. » Comme il faut que le Christ travaille un être humain pour l’amener à être son Vicaire ! Quelles difficultés pour ces âmes choisies, de se laisser ainsi travailler, prendre totalement par le Christ ! Nous pouvons leur faciliter beaucoup cette réponse, tout simplement, en priant pour eux, avec eux.

- Daniel-Joseph Lallement -



19 février 2015

L'homme existe, je l'ai rencontré!

J’ai lu quelque part :

« Dieu existe, je l’ai rencontré ! »
Ça alors ! Ça m’étonne !
Que Dieu existe, la question ne se pose pas !
Mais que quelqu’un l’ai rencontré
avant moi, voilà qui me surprend !
Parce que j’ai eu le privilège
de rencontrer Dieu juste à un moment
où je doutais de Lui !

Dans un petit village de Lozère
abandonné des hommes, il n’y avait plus personne.
Et en passant devant la vieille église,
poussé par je ne sais quel instinct,
je suis entré...

Et là, j’ai été ébloui, par une lumière
intense... insoutenable !
C’était Dieu...
Dieu en personne,
Dieu qui priait !
Je me suis dit : Qui prie-t-il ?
Il ne se prie pas lui-même ?
Pas lui ? Pas Dieu ?
Non ! Il priait l’homme !
Il me priait, moi !
Il doutait de moi
Comme j’avais douté de lui !

Il disait : -O homme !
si tu existes, un signe de toi !
J’ai dit : Mon Dieu je suis là !

Il a dit : Miracle !
Une apparition humaine !
Je lui ai dit : Mais, mon Dieu...
Comment pouvez-vous douter
de l’existence de l’homme,
puisque c’est vous qui l’avez créé ?

Il m’a dit : Oui... Mais il y a si longtemps
que je n’en ai pas vu à l’église...
que je me demandais si ce n’étais pas
une vue de l’esprit !

Je lui ai dit : Vous voilà rassuré, mon Dieu !
Il m’a dit : Oui !
Je vais pouvoir leur dire là-haut :
« L’homme existe, je l’ai rencontré ! »

- Raymond Devos -

30 janvier 2015

Crise des vocations : causes et remèdes.

Que signifie la diminution des vocations religieuses ?

Lorsqu’on parle d’une diminution des vocations quelque part ou, à certains moments, lorsqu’on dit : il y a moins de vocations ici que là, il y a moins de vocations qu’il n’y en avait à telle époque, on peut vouloir dire deux choses.

1.– Cela peut être une diminution dans les appels de Dieu par châtiment et, dans ce cas, le remède est la pénitence.

Il peut s’agir proprement diminution dans les grâces que Dieu donne pour appeler à l’état religieux, diminution des vocations au sens propre du mot, diminution dans les appels de Dieu ; s’il y a diminution dans les appels de Dieu, c’est un châtiment à l’égard d’une population qui n’a pas profité des grâces du christianisme comme elle aurait dû le faire. Dieu peut en effet diminuer ses grâces de choix ; Il donne à tous la possibilité d’être sauvés, mais Il peut diminuer les grâces de choix, les grâces d’appel quand les âmes ne répondent pas ou répondent mal aux grâces abondantes qu’Il donne déjà. Si la diminution des vocations tient, de fait, à une diminution ainsi des appels divins, c’est en se tournant très humblement vers Dieu, c’est en demandant pardon, c’est en faisant pénitence que la population qui n’a plus ainsi assez de voca­tions religieuses peut en réobtenir. Il faut simplement dire : Seigneur, s’il y a moins de vies consacrées chez nous en ce moment-ci, c’est pour une bonne part certainement que nous n’avons pas assez bien répondu. Par conséquent pardonnez-nous, rendez vos bénédictions, rendez vos grâces de choix ; accordez-nous, malgré notre indignité, dans nos familles, dans notre pays, accordez-nous des vocations pour que nous soyons aidés à revenir vers vous. Une population, s’il lui reste un peu de christianisme, en constatant chez elle la diminution des vocations religieuses, doit commencer ainsi par faire son mea culpa et se tourner vers Dieu en disant : Seigneur, nous ne sommes pas dignes, mais appelez pourtant certains de nos enfants, appelez-en un grand nombre pour que nous soyons entraînés par eux.

2.– Cela peut être une inattention ou même un refus de l’appel de Dieu. 

Mais quand on parle de la diminution des vocations, on peut vouloir dire une seconde chose : l’expression « diminution des vocations » n’est plus alors tout à fait exacte. On ne veut pas parler d’une diminution des appels de Dieu, mais d’une diminution dans l’attention donnée à ces appels, dans la fidélité à y répondre. Tout simplement parce qu’il y a, bien sûr, beaucoup de vocations qui se perdent. Il y en a une multitude qui se perdent simplement par inattention, parce que l’on avait vécu sans se demander ce que Dieu pouvait vouloir de soi, et l’on vivra sa vie selon ses convenances du moment, et l’on ne s’est pas posé sérieusement la question : Mais, est-ce bien cela que le Seigneur attend de moi ?

Il y a aussi, certes, des vocations qui se perdent tout simplement par refus, l’âme sachant bien que Dieu l’invite ; l’âme sachant bien qu’elle pourrait, avec la grâce de Dieu, se consacrer uniquement à Lui et à son service, et, par attachement excessif aux biens de ce monde, par attachement excessif aux affections de ce monde, à sa volonté propre, etc., refuse purement et simplement.

Du reste, les deux choses, manque d’attention et refus, se concilient souvent. On ne fait pas attention à l’appel de Dieu parce qu’on n’a pas envie d’y répondre ; on ne veut pas écouter parce qu’on ne voudrait pas répondre. Mais enfin, des refus nets alors que Dieu appelle et insiste, c’est relativement rare. Cela existe, hélas ! et souvent de tels refus ont abouti à des attitudes extrêmement mauvaises contre Dieu et contre son Église. Certainement parmi les plus violents ennemis de l’Église – il y en a à toutes les époques et il y en a aujourd’hui – se trouvent des âmes qui avaient été choisies par Dieu, des âmes auxquelles Dieu a demandé d’accepter le sacerdoce ou la vie religieuse et qui ont nettement dit non. J’ai bien dit : l’appel à la vie religieuse laisse la liberté. Dieu ne force pas. Seulement, il est certain que l’âme qui a pris conscience d’un appel de Dieu, surtout d’un appel fort, insistant, et qui a dit non, une telle âme est dans un état intérieur lamentable. Et bien des fois, dans une âme qui a refusé l’appel de Dieu, cet amour de choix méconnu et refusé fait place à une véritable haine de Dieu et du règne de Dieu.

Il faut donc non pas seulement prier pour que Dieu donne en abondance ses appels, mais il faut prier pour que les âmes fassent attention et pour qu’elles ne refusent pas quand Dieu les invite, et que Dieu arrive à les vaincre à force de grâces surabondantes. Si nous devons toujours prier pour les plus grands pécheurs d’une manière spéciale – parce qu’ils sont plus à plaindre et qu’ils font plus de mal sur la terre –, il nous faut aussi prier tout spécialement pour les âmes qui sont appelées à une plus haute vie spirituelle et qui risquent de refuser.

Dans les deux cas, prions ! 

Dieu ne laissera pas son Église dans cet état de misère sans raison : ou bien Il ne donne pas de grâces parce qu’Il punit : alors il faut se retourner vers Dieu, comme nous l’avons dit, il y a un instant ; ou bien Il donne des grâces, des appels. Il insiste, et les âmes, par négligence ou lâcheté, laissent passer la grâce. Dans les deux cas, prions.

- Chanoine Daniel-Joseph Lallement -

28 décembre 2014

Une famille qui prie est une famille indestructible !



















Prière de Mère Teresa pour les familles.

Notre Père qui es aux cieux,
Tu nous as donné un modèle de vie
dans la Sainte Famille de Nazareth.
Aide-nous, Père très-aimant,
à faire de notre famille un nouveau Nazareth
où règnent la joie et la paix.
Qu'elle soit profondément contemplative,
intensément eucharistique et vibrante de joie.
Aide-nous à rester ensemble
à travers bonheur et peine,
grâce à la prière familiale.
Apprends-nous à reconnaître Jésus,
dans chaque membre de notre propre famille,
particulièrement quand il souffre et reste blessé.
Que le Coeur eucharistique de Jésus
rende nos coeurs doux et humbles comme le Sien.
Aide-nous à accomplir saintement
notre vocation familiale.
Puissions-nous nous aimer les uns les autres
comme Dieu aime chacun de nous,
chaque jour davantage,
et nous pardonner nos fautes les uns aux autres
comme tu nous pardonnes nos péchés.
Aide-nous, Père très aimant,
à prendre tout ce Tu nous donnes
et à donner tout ce que Tu nous prends
avec un large sourire.
Coeur immaculé de Marie, cause de notre joie,
prie pour nous.
Saints anges gardiens,
soyez toujours avec nous,
guidez-nous, protégez-nous.
Amen.

- Bienheureuse Mère Teresa -

27 décembre 2014

Contempler la crèche avec Jean-Paul Sartre !

Nous sommes en 1940, en Allemagne, dans un camp de prisonniers français. Sartre a trente-cinq ans. Des prêtres demandent à Sartre qui est prisonnier avec eux depuis quelques mois et qui a un réel talent d'écrivain, de rédiger une petite méditation pour la veillée de Noël. Sartre, l'athée, accepte et leur fait cadeau des merveilleuses lignes que voici :

« Mais comme c’est aujourd’hui Noël, vous avez le droit d’exiger qu’on vous montre la Crèche. La voici. Voici la Vierge, voici Joseph et voici l’Enfant Jésus. L’artiste a mis tout son amour dans ce dessin, vous le trouverez peut-être naïf, mais écoutez. Vous n’avez qu’à fermer les yeux pour m’entendre et je vous dirai comment je les vois au-dedans de moi.

La Vierge est pâle et elle regarde l’enfant. Ce qu’il faudrait peindre sur son visage, c’est un émerveillement anxieux, qui n’apparut qu’une seule fois sur une figure humaine, car le Christ est son enfant, la chair de sa chair et le fruit de ses entrailles. Elle l’a porté neuf mois. Elle lui donna le sein et son lait deviendra le sang de Dieu. Elle le serre dans ses bras et elle dit : « Mon petit » !

Mais à d’autres moments, elle demeure toute interdite et elle pense : « Dieu est là », et elle se sent prise d’une crainte religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant, parce que toute les mères sont ainsi arrêtées par moment, par ce fragment de leur chair qu’est leur enfant, et elles se sentent en exil devant cette vie neuve qu’on a faite avec leur vie et qu’habitent les pensées étrangères. Mais aucun n’a été plus cruellement et plus rapidement arraché à sa mère, car Il est Dieu et Il dépasse de tous côtés ce qu’elle peut imaginer. Et c’est une rude épreuve pour une mère d’avoir crainte de soi et de sa condition humaine devant son fils. Mais je pense qu’il y a aussi d’autres moments rapides et glissants où elle sent à la fois que le Christ est son fils, son petit à elle et qu’il est Dieu. Elle le regarde et elle pense : « Ce Dieu est mon enfant ! Cette chair divine est ma chair, Il est fait de moi, Il a mes yeux et cette forme de bouche, c’est la forme de la mienne. Il me ressemble, Il est Dieu et Il me ressemble ».

Et aucune femme n’a eu de la sorte son Dieu pour elle seule. Un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, un Dieu qu’on peut toucher et qui vit, et c’est dans ces moments là que je peindrais Marie si j’étais peintre, et j’essaierais de rendre l’air de hardiesse tendre et de timidité avec lequel elle avance le doigt pour toucher la douce petite peau de cet enfant Dieu dont elle sent sur les genoux le poids tiède, et qui lui sourit. Et voilà pour Jésus et pour la Vierge Marie. "

Et Joseph. Joseph? Je ne le peindrais pas. Je ne montrerais qu’une ombre au fond de la grange et aux yeux brillants, car je ne sais que dire de Joseph. Et Joseph ne sait que dire de lui-même. Il adore et il est heureux d’adorer. Il se sent un peu en exil. Je crois qu’il souffre sans se l’avouer. Il souffre parce qu’il voit combien la femme qu’il aime ressemble à Dieu. Combien déjà elle est du côté de Dieu. Car Dieu a éclaté comme une bombe dans l’intimité de cette famille. Joseph et Marie sont séparés pour toujours par cet incendie de clarté. Et toute la vie de Joseph, j’imagine, sera d’apprendre à accepter. Joseph ne sait que dire de lui-même : il adore et il est heureux d’adorer. »

- Jean-Paul Sartre -

17 décembre 2014

La mendicité religieuse aujourd'hui !

La richesse de la dépendance.

Est-il possible... est-il convenable que des religieux pratiquent la mendicité aujourd'hui ? Cette entrevue étonnante avec les Clarisses de Tinqueux montre l'actualité de cette pauvreté évangélique. Loin d'être une pratique révolue du Moyen-Âge, la mendicité au sens strict demeure depuis le Concile Vatican II une des manière les plus forte et concrète de témoigner de la Providence de Dieu qui n'abandonne jamais celui qui s'abandonne entre les mains de son Père des cieux ! 

Entretien de l’abbé Boulay avec la supérieure des Clarisses de Tinqueux.

- Combien êtes-vous de religieuses, ma sœur ?
- Nous sommes vingt-cinq, dont vingt-et-une à l'intérieur.
- Et quatre dehors ?
- Non, pas dehors. Elles entrent chaque jour à l’intérieur. Mais elles sont là pour la liaison avec l’extérieur, avec les personnes qui se présentent.
- En somme, elles sont à l’accueil.
- C’est tout à fait cela.
- À l’accueil… et à la quête ! (sourire de la mère abbesse). Parlez-moi donc de la quête, s’il vous plaît.
- La quête pour nous, est quelque chose de très important pour plusieurs raisons. Tout d’abord, cela nous fait connaître. Nos religieuses parcourent tout le diocèse. Elles rencontrent beaucoup de gens. Elles reçoivent souvent des confidences qu’on ne ferait pas à d’autres. Et ce contact avec l’extérieur nous rappelle que, si nous sommes consacrées à Dieu, nous le sommes aussi à tous nos frères. Nos sœurs quêteuses sont souvent attendues comme les envoyées du bon Dieu. Dans les campagnes surtout où, bien souvent, les gens ne voient jamais d’autres religieuses qu’elles. En nous donnant leur offrande, les gens ont conscience de faire un acte de foi. Ils nous donnent parce que nous prions et pour que nous priions. D’autre part, la quête est pour nous un moyen de pauvreté.
- Ce n’est pas sûr que ce signe soit bien perçu aujourd’hui, ma sœur. La pauvreté contemporaine n’est-elle pas de gagner son pain par le travail ?
- Peut-être !... Par la quête, nous voulons manifester (aux autres et à nous-mêmes) que nous sommes liées à la Providence. Ce que nous avons mangé à midi, c’est ce que les gens nous ont donné.
- Vous ne voulez pas dire que vous n’achetez rien pour votre nourriture ?
- Si, c’est ce que je dis. Les produits eux-mêmes de notre jardin, nous préférons les utiliser pour nos hôtes qui sont nombreux. Nous achetons pour nos hôtes. Mais nous, nous ne consommons que ce qu’on nous donne.
- Alors la légende de la cloche des clarisses n’est pas une légende ? On dit que lorsque les clarisses n’ont plus rien à manger, elles sonnent pour alerter les populations. Est-ce vrai ?
- C’est vrai. Mais je dois dire qu’ici à Reims, nous n’en somme jamais arrivées là. C’est arrivé Rabat. Mais sûrement que si nous n’avions plus rien, nous le ferions aussi. Nous voulons tenir notre nourriture de la Providence. La quête n’est pas faite pour avoir de l’argent et vivre sans rien faire. C’est un lien avec le monde et une dépendance vis-à-vis de Dieu. Si un jour j’avais trop d’argent, j’aimerais mieux le donner et continuer à faire la quête.
- Puisque vous ne mangez que ce qu’on vous donne, pourquoi même avoir de l’argent ?
- L’argent de la Communauté sert à payer les impôts, entretenir la maison, soigner les malades. Mais nous ne faisons pas de réserve, sauf pour les grosses factures prévues. Pour le reste, à la fin de chaque mois, s’il reste de l’argent en caisse, je la vide et je donne cet argent.

- Revue Reims-Ardennes du 10 janvier 1969 -

12 décembre 2014

Un conseil pour lire la Bible.

Avoir une âme en dispositions toutes droites.

« Il faut vous interdire rigoureusement à vous-mêmes de lire la Sainte Écriture, la Bible ou des textes liturgiques quand vous ne vous sentez pas l'âme en dispositions toutes droites. – Il ne s’agit pas de sentir de la ferveur. Quand vous ne sentez pas que vous cherchez uniquement l'enseignement du bon Dieu, du moment que vous cédez à un mouvement de curiosité, fermez le livre : ce n'est pas le moment.

N’en prenons pas occasion pour ne jamais ouvrir la Bible en disant : Je ne serai jamais rectifié. Mais enfin, on sent bien si l'on cherche droitement à connaître l'Écriture Sainte ou si l'on s'occupe un peu des à-côtés. Si l'on s'aperçoit, en lisant la Bible, qu'on s'intéresse principalement aux mœurs des anciens Juifs : fermons. Et je suis très ferme dans ces conseils. La Parole de Dieu ne vous est pas donnée pour cela.

Ah ! si vous vous occupez des mœurs des Juifs pour mieux comprendre le texte, c'est une autre affaire. Si c'est pour mieux voir ce qui est dit par Notre-Seigneur, bien. Là, vous êtes en droite ligne. Mais si vous vous intéressez à cela comme à un livre d'histoire, non, je le répète, la Bible n'est pas donnée par Dieu pour cela et il faut la prendre uniquement comme Dieu la donne. 

Si vous vous apercevez que, dans la liturgie, vous vous intéressez principalement à la poésie du texte ou principalement à la musique, etc., laissez. Vous n'êtes pas à un office liturgique pour vous intéresser principalement au chant grégorien. Le chant grégorien bien exécuté pour la louange de Dieu et compris comme louange de Dieu, bien. Mais si vous vous intéressez principalement à la musique comme telle, non. Autrement on arrive à avoir une âme qui n'a plus la moindre délicatesse à l'égard du surnaturel.

Et ne cherchez pas beaucoup plus loin la raison du scandale que nous donnons généralement aux incroyants. Dans la manière dont nous participons aux cérémonies sacrées, par exemple. Combien de fois les incroyants ont dit : mais, s'ils étaient convaincus que Dieu est là, ils se tiendraient autrement ! Et nous ne nous tenons pas mal comme cela par irrespect grossier, non ; mais parce que nous nous sommes habitués à un tas de petites choses. Alors, au total, la vie surnaturelle, la vie religieuse apparaît exactement sur le plan d'une vie profane bien ordinaire, bien médiocre. »

- Chanoine Daniel-Joseph Lallement -